Selon une étude réalisée par le FCE : La finance islamique, une alternative au financement classique

3 mai 2018

Le Forum des Chefs d’Entreprise a réalisé une étude sur la finance islamique, qu’il a présenté au cours d’une rencontre-débat sous le thème «Les finances alternatives et la finance islamique en particulier».

Selon une étude réalisée par le FCE : La finance islamique, une alternative au financement classique

L’objectif de cette étude est de développer et d’approfondir la réflexion sur cette finance qui suscite l’engouement des investisseurs et des emprunteurs conservateurs. Présentée par l’expert financier, M. Hachemi Siagh, cette étude relève l’inexistence d’un cadre légal spécifique aux banques islamiques.

En l’absence d’agrément spécifique pour les banques islamiques, les deux banques dites «islamiques » existantes en Algérie ont été agréées dans le cadre de la loi sur la monnaie et le crédit et sont traitées par la Banque d’Algérie de la même manière que les banques classiques. Les fonds détenus en Algérie par les entreprises et les ménages qui veulent utiliser leurs ressources de façon conforme à la chari’a constituent également un gisement appréciable qu’il est temps de mobiliser au profit de l’économie». Pour cela, il faudra créer des passerelles entre les détenteurs de ces fonds et les acteurs économiques qui en ont besoin.

Intervenant à l’ouverture de cet événement, le Président d’honneur du Forum, M. Omar Ramdane, a considéré que «le développement de la finance islamique est l’une des conséquences positives de la transition économique de l’Algérie». La demande des investisseurs et les épargnants, de manière générale, de pouvoir effectuer des placements ou obtenir des prêts «conformes à la chari’a» est à l’origine de la décision du FCE de lancer cette étude sur la finance islamique. «Nous avions constaté que la demande pour de tels produits financiers est très forte. Si nous arrivons à capter une bonne partie des ressources financières qui circulent hors circuit bancaire, nous aurions réalisé une grande avancée», a-t-il souhaité.

Pour atteindre un tel objectif, le FCE préconise l’adaptation de la réglementation, l’adoption d’une une approche incitative et la prise de mesures à même de gagner la confiance de ceux qui veulent des alternatives à la finance classique préférant thésauriser ces capitaux, possible d’injecter, pourtant, dans des projets structurants.

Parmi les garanties qui devraient concourir à la généralisation de cette finance, les autorités compétentes doivent veiller à l’application de la réglementation et à la conformité des pratiques avec les règles prudentielles établies et créer une instance religieuse, chargée de veiller à la conformité de la gamme de produits financiers islamiques aux préceptes de la chari’a. Le développement de la finance islamique permettra de renforcer la «place d’Alger» et en faire une place financière dynamique et profonde capable d’offrir aux entreprises algériennes les moyens de leur développement.

En ce sens, le FCE réitère son plaidoyer pour une réforme profonde du secteur financier et bancaire en vue de répondre en urgence, à la nécessité de disposer de modes de financements adaptés aux besoins des différents secteurs de l’économie.  Ainsi, le crédit ne doit plus être assujetti à des garanties prohibitives et doit être assorti de réduction de délais de traitement des dossiers. Il est indispensable également de développer le crédit long terme pour les investissements importants et mettre en place un système de couverture du risque de change.